Moi, Sabrina : et si se choisir était le début de tout ?
C'était un lundi matin comme beaucoup d'autres.
J'étais dans ma voiture, coincée dans les embouteillages. Devant moi, une file interminable de voitures et mon GPS qui m'annonçait encore de longues minutes de trajet. Certains jours, il me fallait près d'1 h 30 pour rejoindre mon travail.
Comme souvent, j'utilisais ce temps pour organiser mentalement ma journée. Je pensais à ma to-do list, aux mails auxquels je devais répondre, aux dossiers qui m'attendaient, à mes rendez-vous. Et puis, bien sûr, il y avait le meeting du lundi matin à 10 h. Je réfléchissais déjà à ce que je devais préparer en arrivant, aux sujets que nous allions aborder, à ce qu'il ne fallait surtout pas oublier et à tout ce qui allait s'enchaîner ensuite.
Ma journée était presque entièrement organisée avant même d'avoir commencé.
Je connaissais ce rythme par cœur : la route, le travail, les réunions, les responsabilités, puis le trajet dans l'autre sens. Et recommencer.
Ce matin-là n'avait, en apparence, absolument rien de particulier. Pourtant, au milieu des voitures qui avançaient de quelques mètres avant de s'arrêter à nouveau, mon esprit s'est éloigné de ma to-do list. Pendant quelques secondes, je n'ai plus pensé au meeting de 10 h, ni à mes rendez-vous, ni à mes mails, ni à ce que l'on attendait de moi une fois arrivée au bureau.
J'ai pensé à moi.
Et si demain était un autre jour ? Un autre avenir ?
À cette époque, je n'étais pourtant pas une femme sans projet qui cherchait désespérément ce qu'elle allait faire de sa vie. C'était même tout l'inverse. J'avais un plan. Une carrière professionnelle dans laquelle je m'étais énormément investie, des projets d'évolution, une expatriation que j'envisageais, un déménagement, une nouvelle vie ailleurs. J'avais déjà imaginé les prochaines étapes. Je savais plus ou moins où j'allais. Ou du moins, je pensais le savoir.
Pendant longtemps, j'avais imaginé la réussite de cette façon : travailler, évoluer, gagner en responsabilités, construire une certaine stabilité, préparer l'étape suivante, puis celle d'après. Sur le papier, j'avais toutes les raisons d'être satisfaite.
Et pourtant, je ne l'étais pas complètement.
Je ressentais une frustration difficile à expliquer. Cette sensation étrange d'avoir des projets, une carrière, des objectifs et, malgré tout, de sentir qu'il me manquait quelque chose dans ma vie. Je travaillais, j'avançais, j'atteignais certains objectifs et j'en préparais déjà de nouveaux. Mes journées étaient remplies, mais intérieurement, je ne me sentais plus totalement alignée.
Je crois qu'à force d'être occupée à construire la prochaine étape de ma vie, je ne prenais plus réellement le temps de me demander si cette vie me ressemblait encore. Et surtout : est-ce vraiment la femme que j'ai envie de devenir ?
Parce que derrière la salariée, les réunions, les projets et cette vie bien organisée, il y avait une autre partie de moi. Une Sabrina avec énormément de rêves, beaucoup d'ambition, beaucoup d'idées et, surtout, un besoin immense de créer.
Je suis une femme entière. Je peux être très têtue dans mes idées et encore davantage dans mes projets. Lorsque je crois profondément en quelque chose, je m'y investis complètement. Quand je fais les choses, c'est à 200 %. Je les fais avec le cœur. Je donne beaucoup, souvent sans attendre quelque chose en retour.
Et cela ne concerne pas uniquement mon travail. Je suis profondément tournée vers les personnes que j'aime. J'ai toujours envie de prendre soin des miens, de protéger, d'aider, d'encourager. Un peu comme une lionne avec ses lionceaux.
C'est assez paradoxal, finalement, parce que la vie m'a obligée à plusieurs reprises à apprendre quelque chose qui était beaucoup moins naturel pour moi : me choisir. Me choisir sans arrêter d'aimer les autres. Me choisir sans culpabiliser. Comprendre que prendre soin de ceux que j'aime ne devait pas signifier m'oublier moi-même.
Puis j'ai traversé une très grande épreuve personnelle.
Je ne raconterai pas tout ici.
Certaines histoires nous appartiennent et n'ont pas besoin d'être exposées pour être comprises. Mais il existe des événements qui bouleversent tellement nos certitudes qu'ils finissent par diviser notre vie en deux. Il y a l'avant. Et il y a l'après.
Cette épreuve a été ce moment pour moi.
Ma vie a pris un virage radical. Tout ce que j'avais imaginé jusque-là a soudainement été remis en question : mon expatriation, mon déménagement, ma carrière tracée, cette nouvelle vie que j'avais déjà commencé à construire dans ma tête.
Du jour au lendemain, j'ai pris une tout autre direction.
Pas parce que tout ce que j'avais construit jusque-là était mauvais. Pas parce que je regrettais mon parcours. Mais parce que quelque chose en moi ne se reconnaissait plus complètement dans cet avenir que j'avais pourtant soigneusement imaginé.
Lorsque les plans que l'on pensait presque certains ne le sont soudainement plus, il ne reste parfois qu'une question : « Et maintenant, Sabrina, qu'est-ce que tu veux vraiment ? »
Pas ce qu'il serait raisonnable de faire. Pas ce qui semblerait logique sur un CV. Pas ce que les autres comprendraient le mieux. Mais ce que moi, je voulais réellement.
Avec le recul, je trouve tout cela presque paradoxal, parce que j'ai toujours aimé la différence. J'aime ce qui se démarque. J'aime les personnes qui ont leur propre personnalité, leur propre univers, leur propre manière de voir la vie. J'aime ces femmes dont on ressent la présence sans forcément réussir à expliquer pourquoi.
Elles ne sont pas nécessairement les plus bruyantes, les plus extraverties ou celles qui cherchent à attirer tous les regards. Elles ont simplement quelque chose qui leur appartient.
Une aura.
Et pourtant, pendant longtemps, moi aussi, j'ai essayé de rentrer dans le moule.
J'ai suivi ce rythme de « Madame Tout-le-monde » : travailler, être sérieuse, être raisonnable, chercher la stabilité, construire sa carrière et faire les choses dans le bon ordre.
On entend partout qu'il faut être soi-même. La phrase paraît presque banale.
Mais combien d'entre nous osent réellement l'être ?
Parce qu'être soi-même, ce n'est pas seulement assumer son caractère ou son style. C'est parfois accepter de remettre en question une vie entière. Changer de direction lorsque tout semblait tracé. Renoncer à certains projets pour en imaginer de nouveaux. Accepter que la femme que nous sommes aujourd'hui ne veuille peut-être plus de la vie que celle d'hier avait imaginée.
Après cette période, quelque chose avait changé en moi. Je ne voulais plus seulement savoir quelle serait la prochaine étape logique. J'avais besoin de liberté. La liberté de créer, d'imaginer, de décider, d'essayer, de me tromper et de recommencer.
J'avais toujours eu énormément de créativité, d'envies et d'ambition. Mais pendant longtemps, toute cette énergie n'avait pas réellement trouvé son espace.
Je voulais désormais construire quelque chose qui porterait mon empreinte, quelque chose qui me ressemble.
Je voulais créer mon futur plutôt que simplement attendre qu'il arrive.
Et c'est dans cette nouvelle version de ma vie que ZAYOR a commencé à prendre tout son sens.
Bien sûr, il y avait mon amour de la beauté, des parfums, des textures, des rituels, du corps et de la féminité. Mais au fur et à mesure que je construisais ZAYOR, j'ai compris que je voulais raconter quelque chose de beaucoup plus profond.
Ce que j'étais moi-même en train d'apprendre pouvait finalement se résumer en deux mots : se choisir.
Nous, les femmes, pouvons passer tellement de temps à être disponibles pour notre travail, nos enfants, notre couple, notre famille, nos proches et toutes les responsabilités du quotidien qu'au milieu de tout cela, nous pouvons progressivement oublier une personne : nous-mêmes.
C'est aussi pour cela que je crois autant aux petits rituels. Prendre soin de son corps, hydrater sa peau, choisir son parfum, s'accorder quelques minutes, se regarder dans le miroir, se sentir féminine, séduisante, belle. Pas nécessairement pour quelqu'un. Pour soi.
Vu de l'extérieur, cela peut sembler superficiel. Pour moi, ça ne l'est pas. Parce que derrière ces petits gestes peut se cacher un message beaucoup plus important : « Moi aussi, je compte. »
Au fil du temps, j'ai compris que ZAYOR devait représenter bien plus qu'un univers de beauté. Je voulais qu'elle représente une femme. Mais surtout pas une femme parfaite.
C'est ainsi qu'est née la Zayor Woman.
La Zayor Woman n'a pas un physique précis. Elle n'a pas une vie parfaite. Elle n'est pas forcément entrepreneuse. Elle n'est pas toujours forte et elle n'a pas confiance en elle tous les jours.
Elle peut être ambitieuse et avoir peur. Être maman et avoir encore mille rêves qui n'appartiennent qu'à elle. Être salariée et aimer profondément son métier. Avoir envie d'entreprendre, de voyager, de changer de pays, de carrière ou de tout recommencer. Elle peut être douce et avoir énormément de caractère. Elle peut prendre soin de tout le monde et comprendre un jour qu'elle mérite, elle aussi, de prendre soin d'elle.
Et surtout, elle a le droit de changer d'avis.
Parce que changer de direction ne signifie pas nécessairement que l'on s'est trompée de chemin. Parfois, cela signifie simplement que l'on a évolué.
Je ne vais pas raconter une histoire parfaite dans laquelle une grande épreuve aurait soudainement tout résolu. La réalité est beaucoup plus nuancée. Je doute encore. Je réfléchis énormément. Je fais des erreurs. Je recommence. Certaines idées fonctionnent, d'autres non. Et je reste cette Sabrina qui, lorsqu'elle croit en quelque chose, veut le faire à 200 %.
Mais quelque chose est différent aujourd'hui.
Je sais que la vie que je suis en train de construire est une vie que j'ai choisie.
Je pensais autrefois que la réussite consistait à avoir son avenir parfaitement tracé. Aujourd'hui, je crois davantage à la liberté de pouvoir le redessiner.
Je repense parfois à cette Sabrina dans sa voiture. Aux embouteillages. À cette heure et demie de trajet. À sa to-do list. À son meeting du lundi matin à 10 h. À ses rendez-vous. À sa carrière. À son expatriation. À son déménagement. À cette vie qu'elle pensait déjà connaître.
Et à cette question apparue presque par hasard : Et si demain était un autre jour ? Un autre avenir ?
Si quelqu'un m'avait raconté à cet instant la direction que ma vie allait prendre, je ne sais pas si je l'aurais cru.
À ce moment-là, je pensais encore qu'un changement de direction signifiait peut-être que quelque chose avait échoué. Aujourd'hui, je le vois différemment.
Certaines fins ne sont pas là pour nous arrêter. Elles nous obligent parfois à nous rencontrer autrement.
Cette grande épreuve personnelle a bouleversé énormément de choses. Mais au milieu de ce bouleversement, j'ai aussi commencé à découvrir une autre version de moi. Une femme qui ne voulait plus simplement suivre. Une femme qui voulait créer. Une femme qui voulait retrouver sa liberté. Une femme qui voulait prendre soin des autres sans s'abandonner elle-même. Une femme qui acceptait enfin que ses rêves puissent être différents de ceux qu'elle avait quelques années auparavant.
Ma Zayor Woman.
C'est cette idée que j'aimerais aujourd'hui transmettre à toutes les femmes qui entreront dans l'univers ZAYOR.
Je ne veux pas vous dire quelle femme devenir.
Je veux simplement vous donner envie de vous poser, à votre tour, cette question : « Et moi, quelle femme ai-je réellement envie d'être ? »
Avec vos qualités, vos défauts, vos ambitions, vos contradictions, votre féminité, vos blessures, vos rêves, votre histoire et, surtout, votre propre aura.
J'avais un avenir tracé. Puis la vie a tout bouleversé et j'ai décidé d'en imaginer un autre.
Je ne sais pas encore exactement jusqu'où cette nouvelle route me mènera.
Mais cette fois, c'est moi qui l'ai choisie.
Et si se choisir était, finalement, le début de tout ?
Sabrina
CEO & Fondatrice — ZAYOR BEAUTY
8 réflexions sur " ART.01 - MOI, SABRINA : ET SI SE CHOISIR ÉTAIT LE DÉBUT DE TOUT ? "
Aurore
J’ai trop aimé lire ton histoire, ça m’a parlé parce qu’on peut vite se retrouver dans une vie qui ne nous ressemble plus… et parfois il faut juste oser se choisir ✨
Fairouz
Ton histoire m’a vraiment touchée ..
Je me suis reconnue dans cette envie de tout changer et de se choisir enfin. Ça donne encore plus de sens à ZAYOR.
Dounia
Ton histoire m’a vraiment touchée
On sent tout ce qu’il y a derrière ZAYOR, et ça me donne encore plus envie de suivre l’aventure depuis le début.
Houda
J’ai adoré lire ton histoire 🥹 Ça fait vraiment voir ZAYOR autrement, on comprend beaucoup mieux toute l’énergie qu’il y a derrière la marque.
Djamila
J’ai trop aimé découvrir l’histoire derrière ZAYOR, ça rend la marque encore plus humaine et inspirante, on sent qu’il y a une vraie histoire derrière tout ça ✨